On commence à bien connaître le vitalisme de l’École de Montpellier, grâce aux études de Rey, Williams, Duchesneau et d’autres. Et cet article ne verse pas des pièces inconnues au dossier. Il revient sur des auteurs comme Ménuret de Chambaud, Bordeu, Fouquet, La Caze et Barthez, afin de déterminer la manière dont le vitalisme montpelliérain construit sa notion d’un Tout vivant. Notre thèse est la suivante : le type de « Vie » qui est composée de plusieurs « vies », comme dans la célèbre image de l’essaim d’abeilles, est certes une individualité au sens d’une entité causalement distincte au sein de l’univers spatio-temporel général, mais n’est pas pour autant une subjectivité au sens affirmé et souhaité par toute philosophie romantique de l’organisme (c’est-à-dire une intériorité qui s’oppose, non seulement à l’univers mécanique mais au reste de la nature). Contrairement à une idée reçue – et justifiée par certains textes historiques – ce concept « organisationnel » et « relationnel » du vivant, ne s’oppose pas catégoriquement à la simplicité et à la causalité linéaire de la machine. En revenant ici sur le concept d’organisation tel qu’il se présente chez les vitalistes de Montpellier, nous aimerions montrer que ce concept aussi échappe à une telle alternative, étant ouvert sur le monde des relations, intégrant des niveaux pluriels de causalité dans un processus d’émergence plutôt que de nier la causalité dans son ensemble ; il est le pendant matérialiste du concept d’organisme.

Organisation ou organisme? L'Individuation organique selon le vitalisme montpellierain

Charles Wolfe
2009

Abstract

On commence à bien connaître le vitalisme de l’École de Montpellier, grâce aux études de Rey, Williams, Duchesneau et d’autres. Et cet article ne verse pas des pièces inconnues au dossier. Il revient sur des auteurs comme Ménuret de Chambaud, Bordeu, Fouquet, La Caze et Barthez, afin de déterminer la manière dont le vitalisme montpelliérain construit sa notion d’un Tout vivant. Notre thèse est la suivante : le type de « Vie » qui est composée de plusieurs « vies », comme dans la célèbre image de l’essaim d’abeilles, est certes une individualité au sens d’une entité causalement distincte au sein de l’univers spatio-temporel général, mais n’est pas pour autant une subjectivité au sens affirmé et souhaité par toute philosophie romantique de l’organisme (c’est-à-dire une intériorité qui s’oppose, non seulement à l’univers mécanique mais au reste de la nature). Contrairement à une idée reçue – et justifiée par certains textes historiques – ce concept « organisationnel » et « relationnel » du vivant, ne s’oppose pas catégoriquement à la simplicité et à la causalité linéaire de la machine. En revenant ici sur le concept d’organisation tel qu’il se présente chez les vitalistes de Montpellier, nous aimerions montrer que ce concept aussi échappe à une telle alternative, étant ouvert sur le monde des relations, intégrant des niveaux pluriels de causalité dans un processus d’émergence plutôt que de nier la causalité dans son ensemble ; il est le pendant matérialiste du concept d’organisme.
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